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GUIDO N° 45
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GUIDO N° 44
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GUIDO N° 43
• EDITO N° 43
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GUIDO N° 42
• EDITO N° 42
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• ZAPPING SUR LA VILLE
• RALLYE AÏCHA DES GAZELLES 24ÈME ÉDITION DU 14 AU 29 MARS 2014

GUIDO N° 41
• EDITO N° 41
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• LE MUSÉE NATIONAL DU THÉ À ESSAOUIRA PARTENARIAT SINO-MAROCAIN
• ESSAOUIRA & LA POLOGNE
• LES MUSIQUES D’ESSAOUIRA
• LA MUSIQUE D’ESSAOUIRA ET D’AILLEURS CONCERT À L’IMA À PARIS
• RALLYE AÏCHA DES GAZELLES 24ÈME ÉDITION DU 14 AU 29 MARS 2014
• ESSAOUIRA ET SA RÉGION : UNE MISE EN VALEUR PAR L’ARGANIER
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GUIDO N° 40
• EDITO N° 40
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• DES MAQUETTES NAVALES, UNIQUES EN MÉDINA !
• UN ARGANIER REMARQUABLE, OUI MAIS POURQUOI ?
• QUAND L’ART SE DEVOILE AU GRE DU VENT UN RENDEZ-VOUS EXCEPTIONNEL
• HISTOIRE D’ANI(MOT) : LE DROMADAIRE OU LE CHAMEAU
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• EDITO N° 39
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GUIDO N° 28
• EDITO N° 28
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GUIDO N° 27
• EDITO N° 27
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• LA STÈLE DE BIR KOUAT : UN MYSTÈRE ROUGE SUR LE BORD DE LA ROUTE

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GUIDO N° 22
• EDITO N° 22
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GUIDO N° 13
• EDITO N° 13
• ZEN RITUELS SPA À L'HEURE BLEUE PALAIS
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Guido : 27 - SAVE CINEMAS IN MAROCCO

Un p’tit coin de paradis… le cinéma Eden au cœur de Marrakech
« Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse c’est de l’isolement que meurent les civilisations. »
Octavio Paz, exergue de la plaquette de l’association Save cinemas in Marocco.

Les salles de cinéma ont toujours été des espaces d’ouverture et d’épanouissement culturel, mais au Maroc et depuis plus d’une décennie, le nombre de celles-ci est en constante régression, simplement menacées de disparition. « Les cinémas défendent le 7e Art dans la diversité de ses expériences, avec des exigences qualitatives et un vrai respect du public. Sans l’existence de ces salles, bien des films que nous aimons n’auraient pas pu se faire connaître, faute de lieux où voir le jour grâce à la lumière de l’écran. Le combat pour la sauvegarde des salles de cinéma au Maroc rejoint le combat pour l’exception culturelle. La richesse du cinéma, ce qui le rend si merveilleux et si proche de nous, tient en grande partie à la variété et à l’authenticité des cultures dont il est issu. (Plaquette de l’association)
Sans une réelle volonté politique, nationale ou locale, quelques salles qui résistent encore sont elles aussi menacées. L’association, constituée en 2007 lors de la 7e édition du festival de cinéma de Marrakech, face aux fermetures répétées des salles, milite pour leur sauvegarde au Maroc. Depuis bientôt quatre ans elle s’investit de toutes ses forces pour la sauvegarde du patrimoine cinématographique marocain en collaboration avec les salles, la presse, les artistes et tous les amoureux du Maroc.
Un petit coin de paradis caché dans le cœur historique de la médina de Marrakech, le cinéma Eden, rue Riad Zitoun el Jedid, derrière le café de France. Je connaissais le cinéma Eden, désaffecté depuis 2009, carreaux cassés et ambiance des années trente. Premier cinéma et première salle plein air du Maroc, il fut construit en 1926 par un Italien. Les projections s’effectuaient avec des machines à charbon, remplacées ensuite par des projecteurs 35 mm toujours utilisables.
Cet hiver, les membres de l’association Save cinemas in Marocco réalisent une exposition dans ses locaux : articles de journaux, affiches de films, implication dans divers festivals, soutiens en tout genre, livres : des musiques de film passent dans la salle ouverte. Une atmosphère si particulière… Quelques fauteuils défoncés survivent dans la partie salle de plein air qui est utilisée comme terrain de foot et la salle de cinéma, elle, quoique un peu vieillotte est encore praticable… Mme Hassania demeure dans les locaux pour aider : elle travaillait au guichet depuis 1970.
L’Eden a été repris et racheté par une société marocaine, mais pour l’instant, pas de projet de restauration ! L’association voudrait en faire un centre culturel, cinéma, théâtre, activités pour les jeunes de la ville. Le Maroc possède encore moins de salles de théâtre que de cinéma. Elle voudrait accueillir des comédiens en résidence, faire des cafés littéraires, une salle d’exposition.
Les adhérents de l’association et ses responsables ont tous perdu leur travail et survivent comme ils le peuvent. Khalid, secrétaire général ou Tarek, président, vivent sur place, le cinéma est ouvert, la musique qui tourne en boucle attire les visiteurs, accueillent les passants marocains ou étrangers, expliquent et prennent le temps, toujours le sourire aux lèvres.

C’est leur combat, pour eux le plus important. Khalid est acteur-comédien, technicien éclairagiste, il multiplie les activités dans le domaine pour trouver des emplois. Pour eux, il est nécessaire de développer et de relancer la culture marocaine, de garder les petites salles et y passer les films produits dans le pays ainsi que les productions étrangères, françaises, italiennes… ces petites salles sont le vecteur de la propagande de la culture. Les films marocains ont longtemps été interdits ou simplement pas projetés.
L’association a un projet de restauration de pellicules trouvées dans une salle de cinéma fermée à Casablanca, L’Opéra (1500 places et daté de 1957) : ailleurs, des pellicules et des affiches de cinéma des années 60 et 70 attendent un vrai stockage.

Ses buts sont de trouver des partenariats pour effectuer des travaux de rénovation, ainsi que des sponsors ou des mécènes pour faire revivre cette salle de l’Eden, d’autres également, et ne pas perdre ce patrimoine cinématographique. L’association a le soutien moral de la municipalité de Marrakech, celui également des organisateurs de festivals, mais des problèmes avec le Moqadem du quartier ou avec le C.C.M. (Centre Cinématographique Marocain) qui veut développer les complexes et rechigne à aider à la relance des petites salles.

Les grands complexes comme les Megarama nuisent aux petites salles.
Les membres de l’association se battent pour que les enfants de la rue du quartier aient accès à la culture, les accueillent pour des projections, des activités théâtre, des matches de foot ou faire du dessin : des enfants qui se droguent, fument, ne vont pas à l’école et sont livrés à eux mêmes. Le prix d’une projection est de plus ou moins 15 DH car les taxes sont très élevées. L’association voulait lancer en avril 2010 des projections gratuites de films des années 40 et 50, sur projecteur 35 mm dans la salle de l’Eden.
Les propos sont durs. « A l’heure actuelle c’est la politique qui conduit l’artiste. Avant c’était l’inverse.
Pour le pouvoir, donner la culture à 40 millions d’habitants c’est se heurter à 40 millions de problèmes. »
L’ancien propriétaire du cinéma Eden, décédé en début d’année 2010, détenait également le cinéma Rif à Essaouira, en vente depuis deux ans et dernier à avoir fonctionné dans la ville, ainsi que l’ancien cinéma « Régent » à Marrakech, fermé également. 37 cinémas aujourd’hui sont plus ou moins en activité contre 250 il y a trente ans. Chacune de ces dernières années a vu 4 ou 5 salles fermer. Une série noire qui ne s’arrête pas.

« Dans un souci de fédération autour de la problématique des cinémas, un appel est ouvert à toutes les personnes, les entreprises privées et les collectivités souhaitant rejoindre le projet de réhabilitation du cinéma Eden et d’autres cinémas en développement. Vous pouvez nous contacter sur le site de l’association. »
L’association est en sous effectif : une antenne à Casa et une autre à Fès. D’autres étudiants adhérents de l’association ont déserté les rangs, il faut manger, gagner sa vie. Avis aux militants de la culture, une nouvelle antenne de Save cinemas in Marocco est en projet à Essaouira, ville importante du pays où il n’y ait plus aucune salle en activité.
L’objet de l’association est de mener à bien plusieurs actions :
- Faire un état chiffré avec appui des autorités compétentes et des structures locales ainsi que de tous les acteurs locaux
- Communiquer à l’occasion de grands évènements tels que festivals, salons professionnels, avant-premières, journées portes-ouvertes d’écoles dans le domaine du cinéma, etc.
- Sensibiliser la population et surtout les jeunes dès l’école et leur faire connaître l’histoire du cinéma
- Participer et œuvrer en partenariat avec les autorités locales ou nationales à une campagne de lutte contre les CD ou Dvd piratés
- Aider les salles de cinéma à se redresser.
Une action d’étiquetage des pochettes de Dvd piratés en collaboration avec les vendeurs, a permis d’inclure le circuit parallèle des reventes de films dans cette chaîne pour la sensibilisation à la sauvegarde des cinémas.

L’association a créé un partenariat avec le groupe Archi-média, et un numéro spécial d’Architecture du Maroc (AM) a été dédié aux salles de cinéma, ou à ce qu’il en reste :
- Architecture du Maroc, les Salles de cinéma sont un patrimoine à classer, N°42, Avril-mai 2009

Sauvons les salles de cinémas au Maroc
www.savecinemasinmarocco.com - savecinemasinmarocco@gmail.com
3 bd Mohammed V 20000 Casablanca - GSM : +212(0)671 427 337