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Le GUIDO : Le magazine d'Essaouira


LES NEWS D'ESSAOUIRA

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Les Gazelles d’Essaouira

Cette année encore Essaouira sera représentée au 25ème rallye Aïcha des Gazelle par Sabine Luciani et Marie Deflandre. Elles étaient arrivées, en 2014, à la 2ème place de la catégorie «Première participation 4 x 4» derrière...

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Conseil provincial du tourisme

C’est en novembre dernier que le nouveau président du Conseil Provincial du Tourisme (CPT) a été élu en la personne de Monsieur Redwane KHANNE. Il est bien connu à Essaouira pour son implication importante dans la vie de la...

LA DERNIERE EDITION

Guido : 45 - EDITO N° 45

Pour l’hiver nous laisserons les sentiers battus dans la ville pour nous diriger vers le bout du bout de la plage.

Au-delà de l’oued Ksob, au sud de la baie de la ville, se cache un autre monde, sauvage et immensément ensorcelant. Un peu d’histoire avec dar Soltan et le borj écroulé les pieds dans l’eau, des activités économiques marginales autour de la pêche à pied, un espace sur le sable mouillé au bord de l’eau où divaguent des animaux, vaches ou ânes dû à une résurgence d’eau douce découverte à marée basse où les gens viennent remplir des bidons, une immensité de dunes vierges qui se jettent dans la mer sous l’œil bienveillant des éoliennes de Wassen et du phare du cap Sim.

Des rochers plats découverts avec le flux et le reflux de l’océan qui abritent une faune à mettre l’eau à la bouche et sa pêche à pieds. Des kilomètres de balade, à pieds, en quad, à cheval ou à dos de dromadaire, pour atteindre enfin ce cap mythique, vision mystérieuse et objet de tous les fantasmes vu de la ville. Nous n’oublions pas l’art et les infos sur ce qui se passe dans la cité, manifestations artistiques et travaux d’embellissement.

Un hiver tout en douceur et en couleur et des fêtes dans une atmosphère chaleureuse que nous vous souhaitons excellentes.

Guido : 45 - CLIN D’ŒIL

Je voudrais sans la nommer vous parler d’elle
A Essaouira, depuis 16 ans, elle est fidèle,
Venue de Bretagne, elle se réveille sous le soleil,
C’est elle qui déambule avec son appareil
Dans les ruelles,
Sur le port, sur la plage,
Elle cherche la belle lumière.
C’est elle qui nous donne envie de découvrir,
Qui nous donne envie de la suivre,
Jusqu’au bout, jusqu’au bout.
Je voudrais sans la nommer lui rendre hommage,
Jolie fleur du mois de mai ou fruit sauvage,
Une plante bien plantée sur ses deux jambes
Qui traine en liberté où bon lui semble.
C’est elle que vous avez surement déjà croisée,
Ses cheveux blonds ébouriffés,
Ses éternels jeans, de la tête aux pieds,
Son sac à dos en bandoulière,
C’est elle dont vous avez surement lu les brèves.
Je voudrais sans la nommer vous parler d’elle,
Bien aimée dans notre cité enchantée,
Dont elle illumine le magazine tant apprécié.
C’est elle qui rédige, qui photographie,
Et si vous voulez que je vous la présente
Elle s’appelle Sylvie Brignon
Une collectionneuse des Guido
d’après une chanson de Moustaki

Guido : 45 - VERS LE CAP SIM

Quittons la ville, la médina, la ville nouvelle et échappons nous par la plage en direction de Diabet, village perché au sud de la plage et commençons une visite vers cet autre monde qu’est le cap Sim.

Inaccessible par la route, mystérieux, l’endroit intrigue, fascine. On entend parler de rochers, d’une grotte des surfeurs, de dunes…Par beau temps on le devine au loin. La plage s’étire sur des kilomètres et des kilomètres, jusqu’aux dunes, dominées sur les hauteurs par les éoliennes de Wassen, de l’autre côté de la pointe, et aux falaises du cap sur lequel veille un phare, frère jumeau de celui d’Essaouira. On le rejoint à pied mais plusieurs heures de marche sont nécessaires, nombreux sont ceux qui préfèrent le quad, le cheval, le dromadaire encore.

Les pêcheurs, eux, se rendent dans les rochers de la marée descendante et dans leur petit village de cabanes, à bicyclette ou en vélomoteurs. Les femmes préfèrent les ânes et leurs paniers pour stocker ce qu’elles ramassent.

Notre balade commence à l’oued Ksob, fronière entre les pays arabe (chaidma) et berbère (haha). Un peu d’histoire pour commencer avec les ruines ensablées de dar el Soltane et le borj el baroud, vaisseau de pierres crénelé, échoué sur la plage. Les promeneurs de la plage sont nombreux à marcher jusqu’à lui, silhouette fantomatique et intrigante. Continuons d’avancer, la ville et les îles de Mogador s’effacent doucement, et nous trouverons une résurgence d’eau douce, sur le sable mouillé de la marée qui descend. La plage porte le nom de « mahalou » ou « mahalou », « eau douce » littéralement.

Un homme creuse un trou et y remplit des bidons, des vaches et des ânes errent non loin. Très proche de la source, des cabanes de pêcheurs et partout des rochers plats aux mille crevasses, s’achevant par une barre de roches ciselée. Un autre monde et des activités différentes de celles de la ville. La plage s’étire encore, plus déserte, quelques rares pêcheurs à pied, les dunes de sable se font plus hautes. Succession de plages, de criques, calanques et falaises déchiquetées, cordons dunaires sur lesquels apparaissent et disparaissent des quads, une variété qui fait la richesse de ce littoral très accidenté.

Au bout, la grotte, le cap Sim, et de l’autre côté une vue sur l’infini des grèves de Tagenza et Sidi Kaouki et sur les hauteurs le village de Wassen, là où la route s’arrête, où les arganiers, les mimosas, les genévriers prennent le relais des dunes. Le phare aussi disparait. Mais c’est une autre histoire !

La dernière crique du cap est atteinte, un monde ensorceleur de beauté sauvage. L’écrivain Tahar Ben Jelloun disait, « C’est le lieu du silence, du vent et de l’arganier, un lieu où le corps devient léger comme le duvet et se laisse emporter par le vent froid de l’Atlantique. J’ai souvent rêvé d’habiter sur ce monticule qui s’élève au dessus de la mer, ou du côté en face, sur le cap Sim ».
La prière de l’absent, Tahar Ben Jelloun, Seuil, 1981.

Guido : 45 - DAR SOLTAN ET BORJ EL OUED

Nous arrivons à l’extrémité sud de la baie d’Essaouira. Sur les hauteurs le village de Diabet. L’oued Ksob serpente aux pieds des ruines de ce que l’on peut imaginer avoir été un grand palais.
A l’automne, les hérons cendrés et les flamands roses pataugent dans les eaux boueuses, flegmatiques. Avec les années et la construction des golfs, les ruines enfouies dans les dunes, à peine visibles à l’époque, sont réapparues au milieu d’une végétation sauvage, étonnantes dans ce décor de far West, à proximité de l’immense de golf et de sa luxuriance.

Ce palais se composait de quatre pavillons carrés reliés par de hautes courtines, ainsi qu’un autre pavillon en son centre. De style andalou il possédait de beaux plafonds en boiserie sculptées et peintes ainsi que des carreaux portugais comme ceux que l’on peut encore admirer dans les riches vieilles demeures.

Le sultan Sidi Mohamed Ben Abdallah, fondateur de la ville y effectuait de fréquents séjours. Par la suite, « Dar Soltan » deviendra la résidence de Moulay Abderrhaman, gouverneur de la ville dès 1822. Le nouveau Sultan voulait admirer la ville de sa création d’une certaine distance. Il fit rénover et agrandir une maison située au sud de la baie face à la grande île, qui avait été initialement construite par un commerçant de la région. Il la fit transformer en palais d’été, vaste et richement décoré. Cet édifice allait devenir plus tard la résidence du Prince Moulay Abderrhaman Ben Hicham.

Le village de Diabet est bien antérieur à la construction de la ville. En 1626, le cardinal de Richelieu y envoie une mission afin de commercer avec ses habitants. La population de Diabet fut chargée par les différents Sultans de protéger la région haha des pirates.

En contrebas, sur la plage, reposent les ruines d’un fort portugais daté du XVe siècle. Les promeneurs s’y rendent à marée basse, méditatifs devant cet immense vaisseau de pierres échoué. Des fragments de créneaux et un morceau de muraille le composent. Ce fortin, construit de manière stratégique faisait face à celui de l’île et avait pour mission d’éviter toute tentative d’invasion par la mer comme par la terre. Les enfants y grimpent, les amoureux s’y cachent, les amateurs d’art martiaux l’adoptent pour leurs séances, il ne laisse jamais indifférent. Fort, bateau ivre, château ensablé…les qualificatifs ne manquent pas pour nommer cet étrange amas minéral qui repose sur le sable. Ici nous quittons réellement la ville. Notre route se poursuit vers l’ouest, de baie en baie, vers les rochers des pêcheurs et la source lmahalou.

Guido : 45 - LA PÊCHE À PIED

A Essaouira et dans les environs une partie importante de la population vit des produits de la pêche. Celle qui se pratique avec les chalutiers et celle avec les palangriers, les fameuses barques bleues. Néanmoins, parallèlement, une autre activité de pêche plus marginale et artisanale, est la pêche à pieds. Une véritable activité économique !

Elle aussi fait vivre des familles. Au-delà du village de Diabet et du borj écroulé sur le sable, la plage continue sur des kilomètres avec des rochers bas, recouverts par marée haute, ce qui permet une pêche à pied parmi ces roches plates et crevassées, afin de rapporter moules, bulots, crevettes, crabes, poulpes, ormeaux ou oursins, selon les saisons et le climat.

Des galets, des rochers, roulés par la mer depuis des milliers d’années, s’offrent à vos pieds et se poursuivent jusqu’au cap Sim. Le petit village de cahutes de pêcheurs, à proximité de la résurgence d’eau douce « lmahalou » se situe à environ une dizaine de kilomètres de la ville, construction de bois, plaques métalliques, carton et plastique. Les silhouettes des pêcheurs, le plus souvent des hommes, isolées, accroupis de gros sacs posés non loin, se détachent sur la lumière verte des roches. Il n’est pas rare de croiser une bicyclette ou un vélomoteur qui longe la plage en direction de nulle part, ou alors si loin que nos yeux les perdent, une canne à pêche posée sur le cadre.
Des pêcheurs à la ligne ou encore installés dans de grosses chambres à air noire afin d’attraper bar, daurade, sole, au-delà de la barre de rochers. Plus loin des femmes accompagnées de bourriquots collectent des algues rouges qui seront revendues pour partir vers l’étranger, parfois ce sont des bouteilles de plastique intactes, elles aussi revendues pour y stocker les produits de nettoyage vendus à la criée dans la médina, portées dans des carrossas.

La zone des balancements de marées est exploitée par une main d’œuvre hétérogène (petits pêcheurs, agriculteurs, retraités, femmes et enfants). Ils collectent par voie d’arrachage les algues fixées aux substrats et ramassent celles qui sont rejetées en échouage. Elles sont exportés et trouvent de nombreuses applications comme agents texturant, filmogènes ou émulsifiants dans de nombreux domaines de l’industrie agro-alimentaire ou pharmaceutique

A quelques encablures sur les hauteurs de la plage, la laisse de mer propose un mélange de coquillages, de bois, de plastique, de bouts de ficelle, d’os, trésors accumulés par les marées, à l’exception du plastique qui déroulent ses déchets sur des kilomètres, venus de la terre mais surtout portés par les courants.

Une autre femme ramasse les bois flottés pour alimenter le four, se casse le dos à supporter de lourds fardeaux. Aujourd’hui la pêche est bonne, les crustacés s’accumulent dans les sacs et les pêcheurs exhibent fièrement de gros poulpes. Le temps est doux, le ciel d’un bleu éclatant et la mer calme. Quand les courants sont plus violents les pêcheurs à canne rajoutent de gros plombs plats sur les lignes pour mieux agripper les bars ou les daurades, rapides.

Guido : 45 - LA SOURCE LMAHALOU

Au détour d’une pointe sur la plage, les rochers apparaissent, les premiers pêcheurs à pieds également mais la vision de vaches ou d’ânes, selon les jours, qui errent sur un périmètre assez restreint nous surprend.

Tout proche, un homme accroupit, entouré de bidons d’eau, creuse un trou. Intrigués nous nous approchons. L’eau qu’il recueille est douce. Nous la goutons, effectivement pas une once de sel, un arrière gout un peu doucereux. La plage porte le nom de cette résurgence d’eau douce, « lmahalou ». Nous apprenons qu’il en existe en divers lieux sur la côte, dont à Tafedney, à une cinquantaine d’Essaouira plus au sud. La source vient des hauteurs du cap et ne sort qu’à marée basse. Les habitants voisins y amènent leurs bêtes et viennent puiser leur eau. Nous comprenons pourquoi le village de pêcheurs est établi à cet endroit. A marée haute, plus d’eau douce, il faudra attendre !

Les sources sous-marines sont pour la plupart connues depuis longtemps des pêcheurs et marins. La mer change d’aspect dans leur voisinage, à cause des différences de densité entre eau douce et eau de mer, et aussi à cause des variations de leur débit. Leur origine est relativement facile à déterminer, car elles sont situées assez près des côtes, à faible profondeur, entre 0 et 50 m. Elles sont toutes associées à des massifs carbonatés qui dominent les côtes.

Dans les terrains calcaires, l’eau d’infiltration chargée en dioxyde de carbone dissout la roche et cet écoulement aboutit à la formation d’un réseau souterrain de conduits (réseau karstique). Ce réseau souterrain se met en place en se basant sur le niveau le plus bas des calcaires dans le paysage : c’est le niveau de base où apparaît la source. Ce phénomène hydrographique permet donc aux pêcheurs d’avoir de l’eau douce à portée de la main.

On a vu dans certaines autres régions des ménagères venir laver leur linge en bord de mer. Quand la mer baisse, les ménagères guettent le moment où leurs pierres individuelles seront découvertes et, cinq minutes après, quand l’apparition des résurgences élimine la salure des eaux, elles s’agenouillent, font dans le sable, avec leur battoir, un large trou qui s’emplit vite d’eau douce et se mettent au travail. Ici, sur la plage qui mène au cap Sim, une curiosité à ne pas manquer !

Guido : 45 - LES NAUFRAGÉS DU CAP

Loin, très loin du village de pêcheurs en avançant vers le cap, plusieurs naufragés reposent sur le sable, cimetière marin et magique.

Au détour d’une baie c’est « Nuage » qui apparaît le premier, vaisseau abandonné. Parti de Marseille au mois d’août pour une durée de dix mois, et en route pour les Antilles via Agadir, Jean-Marc s’est échoué le 2 octobre en pleine nuit sur la plage non loin des rochers déchiquetés du cap. Une chance dans son malheur il risquait sa vie. « Nuage » a donc arrêté sa course ici, bateau d’aluminium de 12m, un « Beaujolais », qui sera démantelé ces jours ci, trop abimé pour envisager des réparations, après le sauvetage de tout le matériel qui pouvait être récupéré avec les effets personnels de Jean-Marc. Il aura perdu son bateau mais garde le sourire devant la chaleur et le réconfort qu’il a trouvé à Essaouira.
En continuant d’avancer le long des dunes, c’est une tortue géante qui git, dépouillée de sa carapace elle ressemble à un vieux phoque malade. Environ deux mètres de long et probablement en provenance des Açores dont les eaux sont fréquentées par cinq espèces différentes de tortues de mer, sur les sept recensées dans le monde. Celle-ci aura dérivée avec le Gulf Stream pour s’échouer ici, épuisée.

Un creux de rocher et un autre individu surgit. Les ailes pliées, posé et pas farouche, il nous regarde étonné, long bec bleuté et yeux ronds. Blessé, sa course aussi se termine ici dans ce décor du bout du monde. Le fou de bassan ne fréquente habituellement pas ces côtes, une tempête aura fait dévier son vol. Pour les lecteurs du Guido nous avions signalé voilà plus d’un an un groupe d’une dizaine de fous de bassan morts le long des plages de sidi Kaouki, sans doute pris dans une tourmente. Les fous de bassan sont des oiseaux pélagiques, qui parcourent l’hémisphère nord et qui sont surtout visibles en haute mer. Ils se rapprochent des terres en été, le seul site de nidification en France reste les Sept Iles dans les côtes d’Armor.

Le fou de Bassan tire son nom de son comportement : il repère les bancs de poissons au vol, plongeant en piqué d’une hauteur de 30 mètres parfois. En approche finale, il adopte une posture aérodynamique typique (à l’image d’un concorde : les concepteurs s’inspirèrent de cet oiseau pour la posture aérodynamique de l’avion !) lui permettant de rentrer dans l’eau à 100km/h sans se blesser. Il plonge ainsi à 6-7 mètres de profondeur, sous le banc de poissons, avant de remonter vers la surface, traversant le banc au passage et capturant sa proie. Lorsqu’il remonte à la surface, sa proie est généralement déjà engloutie ; d’où son nom de « fou » attribué par les pêcheurs écossais, premiers observateurs de cet oiseau, surpris par ces plongeons spectaculaires et à première vue insensés !

Notre dernier naufragé sera un dauphin. Sans doute échoué depuis un certain temps, du mammifère marin il ne reste que le squelette, une tête, des os et des vertèbres déjà blanchies par le sel et le soleil, sculptures naturelles magnifiques.

Guido : 45 - MOHAMED ZOUZAF

L’art, la peinture, sont omniprésents à Essaouira et dans la région. Dans ce numéro Mohamed Zouzaf sera à l’honneur.

Il fait partie des peintres marocains et souiris sélectionnés pour exposer à l’Institut du Monde Arabe à Paris (IMA). Une œuvre polychrome, circulaire et chargée de calligraphies, de 2012, « Terre, signes et symboles » est donnée à voir aux nombreux visiteurs de l’institut. Mohamed me reçoit chez lui, charmant. Il écoute une émission télévisée sur la chanson française et accompagne les mots d’Aznavour ou Lavilliers. Il adore ! Quelque peu réticent face à l’appareil photo, il a peur d’être copié et ne veux pas montrer ses dernières réalisations. Dans l’entrée, des peaux de chèvre roulées qui seront ensuite marouflées sur bois puis peintes.

Né à Essaouira il y a une cinquantaine d’années, Mohamed, comme de nombreux artistes de la ville, est autodidacte. Il en est fier, tout comme d’exposer à Paris. Et il a raison ! Il peint depuis toujours, dès l’âge de quinze ans, et vit de cette seule activité. Il étudie les peintres occidentaux, s’en inspire tout en recherchant son propre style. Les signes, les symboles, le fascinent. C’est une poésie, une musique, une histoire. La peau de chèvre est une matière noble, affirme-t-il.

Les motifs berbères, africains ou arabes, les personnages, sont peints au brou de noix auquel s’ajoutent de l’eau, des couleurs acryliques. Chaque artiste fait sa petite cuisine. Ses symboles s’envolent, s’entremêlent sur la peau, racontent une foultitude d’histoires lyriques et mélodieuses du monde. Dans l’atelier, discret, il m’explique ses réalisations devant une immense main de fatma colorée et calligraphiée qui le protège.


L’exposition à l’IMA s’achèvera le 25 janvier 2015. En décembre prochain c’est dans la superbe mosquée Hassan II de Casablanca que nous pourrons admirer ses œuvres.

Les tableaux de Mohamed sont peu présents dans la ville d’Essaouira, à l’exception de la galerie de la petite kasbah ou de l’hôtel « Les matins bleus », maison qu’il a occupé avec sa famille avant que ce soit transformé. Plus d’une dizaine de ses calligraphies sont sur les murs de ce joli hôtel. Mohamed Zouzaf a plusieurs expositions en vue, Tanger, Casablanca et a plusieurs fois exposé en France, en Belgique ou encore aux E.U. Un bel artiste talentueux à découvrir.

Guido : 45 - «JEAN-PAUL OF ST. BARTH.», DES BIJOUX « ÉQUITABLES » !

La maison/atelier est simple, colorée, lumineuse et accueillante, comme Jean-Paul. Une visite des lieux, une discussion sur son travail autour d’un café. Non loin, des animaux, chiens ou chats, une atmosphère de paix.

Dans un coin de la maison, une pièce, des étagères, des plans de travail et une multitude de boites de perles, de coquillages, de lanières de cuir, de sabra ou des chaînes d’argent. Dans le salon la table ronde sert également de lieu de montage, les perles colorées roulent. Notre créateur, Jean-Paul, a passé trente ans de sa vie aux Antilles dont cinq à Saint Barth où il a ouvert une boutique « Pain de sucre », qui offre des maillots de bain chics. Sa thématique tourne autour de la mer. Comment rester élégant tout en étant à la plage ? Le concept accroche. Maillots, accessoires, tongues nacrées, chapeaux perlés, bijoux waterproof...

Les idées naissent d’une île lointaine, Tahiti. Une première gamme de bijoux, perles de culture nacrées et lacets de cuir imputrescibles. Sa marque est née de là ! La bijouterie, Jean-Paul connait déjà. Dans une autre vie il a travaillé comme bijoutier-joaillier dans une boutique parisienne avenue Victor Hugo. Un joaillier de la cuisine également, chef cuisinier par le passé, arrivé aux Antilles en 1980, il y ouvre son premier restaurant en 1989. Il poursuit son chemin avec les bijoux et arrive il y a dix ans à Essaouira, les cinq premières années par intermittence, puis s’y installe.

Mais ses bijoux et sa marque garde leur place aux Antilles. Des perles de mer, ici, il rajoute à sa gamme des produits locaux, berbères certains comme les grosses perles d’argent, complète le tout de turquoises, de rubellite… toujours dans un esprit de simplicité, moderne et universel. Des boucles d’oreilles, des colliers sur lesquels se conjuguent des montures d’argent locales, des améthystes, des perles du japon…

Jean-Paul veut rentrer dans l’univers marocain et artisanal. Il dessine des modèles comme sa tête de mort qui a beaucoup de succès, et les fait réaliser à Essaouira. Il côtoie des maâlems de Fès, artisans orfèvres haut de gamme qui œuvrent pour le palais royal en incrustant des pierres sur des bases de thuya, mélange surprenant et splendide qui fascine JP.

Son travail est basé, axé sur l’échange, la découverte. Il côtoie une petite équipe de créateurs de la médina d’Essaouira ou de Marrakech, fait fabriquer d’autres produits tels que des lanières de sabra (soie végétale), d’une extrême finesse. Un bijou nait toujours d’une rencontre. Il réalise des séries de quelques uns puis passe à une autre chose. Une manière de travailler, de vivre, équitable et intelligente.
Le perçage des perles et des pierres est une activité très minutieuse. Il est nécessaire de les tremper pour éviter une fracture. Il prépare les perles chez lui puis effectue le montage dans sa boutique. Sa clientèle est marocaine, européenne, les connaisseurs de perles viennent parfois de loin.
Des cadeaux subtils à prix doux en cette veille de Noël ou simplement pour se faire plaisir dans son magasin de la médina, « Les Trésors d’Essaouira » rue Ibn Roch, à la galerie Spindler aux pieds de la scala rue du Yemen, au restaurant le « Caravane café » ou encore dans la petite galerie de la petite porte de Bab Marrakech, « L’Arbre bleu » rue Chbanate. Plaisir des yeux et plaisir de porter de jolis bijoux délicats signés « Jean-Paul of St barth » !

Guido : 45 - ZAPPING SUR LA VILLE

Travaux toujours
La ville avance et s’embellit ! Le souk aux poissons a été entièrement détruit sur la place, étals, arcades, sol…il est transféré pour une période de 3 à 5 mois aux abords de la prison, hors de la médina.
Les travaux devraient prendre fin aux alentours du mois de mars, le souk aux poissons sera flambant neuf et aux normes d’hygiène, reconstruit plus ou moins à l’identique. Le centre artisanal quant à lui, situé à bab Marrakech, est terminé et les artisans ont pu reprendre leurs activités dans de meilleures conditions.
Les cahutes de bois qui parsèment la cour sont destinées aux associations locales qui y auront leur vitrine. Un point très positif, l’arbre remarquable du centre, le phitolacca dioïca, malgré ses racines mises à mal, repousse doucement. La cour dans laquelle il se trouve a été repavée et les habitants ou visiteurs pourront à nouveau venir se recueillir et l’admirer !! Sa mort programmée avait soulevé nombre de voix en colère voici quelques années !

L’ancien palais de justice datant de l’époque du protectorat sur la place Moulay Hassan, restauré, devient quant à lui un lieu d’exposition. D’autres travaux encore d’envergure à Essaouira de bab Sbaa au bastion de bab Marrakech.
Tout le long des remparts un jardin est en cours de réalisation, des arbres ont été plantés, araucarias et palmiers géants. Des bassins et fontaines sont prévus, un local technique est en cours d’avancement dans le square situé à l’entrée de bab Sbaa.

Aéroport
Le feuilleton des vols sur l’aéroport d’Essaouira continue !! Certains vols disparaissent d’autres pointent le bout de leur nez. La compagnie aérienne low cost EasyJet lancera en mai prochain (ou en juin selon certains bruits) une nouvelle liaison entre Londres et Essaouira, sa quatrième destination au Maroc. Du 1er mai au 4 septembre 2015, la spécialiste britannique du vol pas cher proposera deux vols par semaine entre sa base à l’aéroport de Londres-Luton et Essaouira-Mogador : les départs sont programmés lundi et vendredi à 6h40 pour arriver à 10h20, les vols retours quittant le Maroc à 11h00 pour atterrir à 14h35. EasyJet sera sans concurrence sur cette route, l’aéroport d’Essaouira n’étant desservi que par Transavia France (Paris-Orly) et peut ^tre à nouveau Ryanair (Marseille-Provence).

Pêche
Le point de débarquement de pêche du village de pêcheurs de Tagenza est en activité depuis le mois de novembre. Un plus pour tous ceux qui vivent de la pêche dans la région, un meilleur conditionnement des poissons, des formations, des locaux adaptés et hygiéniques, des conditions de travail nettement supérieures. Fini aussi de remonter les bateaux à l’aide d’un tracteur, d’un dromadaire ou à la main !

Musique
Pianos en fête - une manifestation à ne pas manquer les 29-30 et 31 décembre 2014 à Dar Souiri, avec le soutien de monsieur André Azoulay à l’initiative de Claude Senouf, enfant de la ville.
A Essaouira pour clore l’année 2014, quatre pianistes dont le talent s’apparente à la virtuosité se produiront dans ce bel endroit, Dar Souiri. La douceur de vivre, la sensibilité, le charme et l’immense créativité des pianistes invités se conjugueront pour que ce passage à l’année suivante se passe dans une forme d’apaisement et de bonheur. L’amitié ne sera pas absente de ce projet et elle renouvellera le partage et le rêve d’un monde meilleur. Un petit festival de jazz que nous attendons avec la plus grande impatience !

Exposition
Show room/expo chez Pierre Henry Guerard. Le retour du petit coq pour ceux qui connaissent déjà notre artiste. Après avoir vécu en France, en Espagne, à NYC, PHG, conseiller artistique, peintre et sculpteur est de retour dans notre ville. Engagé dans l’art, il vous invite à découvrir son petit monde envoûtant. A cette occasion sa maison s’ouvre, transformée en show room ! Lieu de création « comme à la maison », chaque pièce sera mise en scène par ses amis créateurs. L’un des lieux les plus insolites du moment ! Couleurs, senteurs…et saveurs d’autres mondes. PHG a sélectionné pour vous une palette de réalisations hautes en couleur ainsi qu’un éventail d’objets d’exception qui accompagnent ce subtil voyage aux douceurs orientales. Pour les habitants de Ghazoua et de plus loin, un petit cadeau de dernière minute, même à 22 heures sur RDV. Inauguration le 6 décembre 2014 et pour un mois d’exposition !

Vandalisme !
« J’étais absolument, sereinement prêt à ne plus jamais quitter Mogador », écrit Orson Welles, impressionné par son séjour à Essaouira, en 1953, pour le tournage d’Othello de Shakespeare. Nous déplorons une fois de plus les dégradations qui sont portées à la sculpture de son visage, dans le square qui porte son nom face au parking du port. L’inscription a disparu, son nez a été cassé voici déjà plusieurs années et la sculpture est une fois de plus taguée ! Un peu de respect !

Barrage
Les travaux du barrage Zerrar ont été officiellement achevés au printemps dernier par la Société générale des travaux du Maroc (SGTM). Les travaux de construction, qui ont débuté en 2008, ont nécessité un budget de 950 millions de dirhams, payés conjointement par le fonds koweïtien, qui a financé 65% du projet, et par l’Etat marocain, pour les 35% restants. Ce barrage aura pour but de faire face aux inondations, fréquentes dans la région d’Essaouira, ainsi que de la fournir en eau potable.

La syangogue Slat Lkahal
Elle est maintenant ouverte aux visiteurs tous les jours sauf le samedi de 10h30 à 12h30 et de 14h30 à 17h30. La visite est gratuite mais les donations sont bienvenues pour mener à bien la restauration des lieux.

A noter
Pour les lecteurs qui se passionnent ou s’interrogent sur le pays Alaouite, un beau numéro du magazine Qantara,magazine de l’IMA, à ne pas rater sur « La construction du Maroc contemporain », numéro 93, octobre 2014. A commander en kiosque à Essaouira ou possible de le trouver dans les kiosques de Marrakech à Gueliz.

http://www.my-meteo.fr

La renommée d'Essaouira a considérablement grandi ces dernières années. A l'artisanat traditionnel axé sur la bijouterie et le bois de thuya sont venus se greffer d'autres centres d'intérêts. Quatre festivals annuels, des artistes peintres singuliers, la célèbre confrérie des gnaouas, la production d'huile d'argan, attirent de nombreux visiteurs.

Pour mieux les accueillir, Essaouira a considérablement augmenté sa capacité d'hébergement avec de nouveaux riads et hôtels, des golfs et de nombreux restaurants pour agrémenter votre séjour. De multiples activités de loisir sont proposées : quad, surf, randonnées pédestres ou à cheval, etc..

Le charme de la cité des Alizés, avec sa médina, offre des images pittoresques au détour des ruelles voûtées, dans l'animation des souks, sur les remparts et leurs skalas. Les vents et l'océan font la joie des amateurs de surf et autres sports nautiques et le petit port qui a connu des heures de gloire, alimente la gastronomie locale.

Au fil des éditions le but de ce magazine est de vous distraire et de vous informer. Nos rubriques détaillent l'histoire de Mogador, le tourisme rural, l'artisanat, les festivals, en bref, tout ce qui fait d'Essaouira une destination phare au Maroc.

"Essaouira Mobile"

"Essaouira Mobile" est la première application mobile de géolocalisation dédiée à la ville d'Essaouira. Elle comprend une sélection de lieux les plus importants afin de vous permettre une découverte guidée de la ville.

Pour chaque lieu sont proposés un large éventail d'informations incluant une description, des photos, son adresse, son numéro de téléphone, son adresse mail, son site web, son emplacement sur la carte, votre position actuelle et le chemin pour y aller ainsi qu'une annonce promotionnelle.


Télechargez l'application pour :


L'intérêt particuliers de cette application est que chaque établissement a les fonctionalités suivantes :

Partage : A tout moment, une actualité concernant un lieu peut être annoncée. Ainsi, par exemple, une promotion ou un divertissement particulier peut vous être proposé.
Géolocalisation : La localisation GPS vous permet de localiser et vous orientez dans la ville avec un itinéraire.
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